les règles à l'école : un tabou

Les règles à l’école : tabou, absentéisme et éducation à construire

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Les règles à l’école font partie de ces réalités que beaucoup de jeunes filles vivent, sans toujours oser en parler. Elles arrivent souvent à un moment où tout change déjà : le corps, le rapport à soi, le regard des autres. Et elles peuvent vraiment venir compliquer le quotidien : la peur de tacher ses vêtements, les douleurs, le manque d’information, ou simplement la gêne de devoir gérer tout ça dans un espace collectif. Pourtant, malgré leur impact bien réel, les règles à l’école restent encore un vrai tabou. Et leurs conséquences dans le quotidien des élèves sont souvent minimisées. Alors que pouvons-nous y faire ?

Les règles à l’école : un sujet encore tabou

On parle de plus en plus des menstruations dans l’espace public, et c’est génial ! Mais à l’école, le sujet reste encore (trop) discret.

Pour une élève, dire « j’ai mes règles » n’est pas toujours simple. Elle peut être moquée, remise à sa place, ne pas être crue, etc. Aussi bien par les adultes que les autres élèves d’ailleurs. Résultat : elle n’ose pas en parler.

Dans ce cadre, demander une protection, signaler une douleur, dire qu’on ne se sent pas bien, ou simplement aborder le sujet des règles peut sembler difficile. Le regard des autres ou la peur du jugement suffisent parfois à faire taire.

Et ce silence n’est pas sans conséquences. Il s’installe progressivement, parfois sans mauvaises intentions, mais il finit par faire passer un message implicite : les règles doivent rester invisibles et ne pas importuner les autres.

On connaît toutes trop bien le tampon caché dans la manche pour aller aux toilettes parce que personne ne doit savoir ce qu’on va faire. Mais pourquoi, en fait ?

Résultat, beaucoup d’élèves apprennent à gérer seules une expérience pourtant partagée par une grande partie d’entre elles.

L’absentéisme scolaire lié aux règles

Au-delà de l’inconfort, les effets du tabou autour des règles à l’école sont parfois bien plus larges.

Certaines élèves vont jusqu’à manquer des jours de cours à cause de leurs règles. Cela peut être ponctuel, ou plus régulier. Et ce n’est pas anodin.

Elles peuvent s’absenter à cause de la douleur, bien sûr. Les crampes, la fatigue, les nausées peuvent rendre une journée de cours particulièrement difficile à suivre.

Mais il y a aussi tout le reste. La peur d’une fuite, le stress de ne pas avoir de protection sous la main, d’avoir un transit compliqué (parce que oui, on peut avoir la diarrhée pendant les règles), de ne pas pouvoir se changer facilement dans de bonnes conditions, ou de ne pas savoir à qui s’adresser pour demander de l’aide, etc., etc., la liste est longue.

Tout est potentiellement sujet à moquerie, réprimande ou angoisse. Alors qu’avec un minimum d’information et une parole plus ouverte, ces situations pourraient être bien plus simples et naturelles.

Dans ce contexte, rester chez soi peut sembler être la solution la plus simple et la plus safe.

Or, ce que l’on oublie parfois, c’est que ces absences, même occasionnelles, peuvent s’accumuler. Elles peuvent créer un décalage dans les apprentissages, mais aussi installer un sentiment d’inconfort ou de décalage vis-à-vis de l’école et des autres élèves.

Les conditions matérielles face aux menstruations à l’école

La manière dont les règles sont vécues à l’école dépend aussi parfois de l’environnement.

Avoir accès à des toilettes propres, avec du papier, de l’eau, et un minimum d’intimité, ce n’est pas un détail. C’est une condition de base pour pouvoir gérer ses règles sereinement à l’école.

Dans la réalité, ce n’est pas toujours le cas. Certaines élèves évitent les toilettes de leur établissement, faute de conditions suffisantes. D’autres n’ont pas toujours accès à des protections au moment où elles en ont besoin et n’ont pas toujours de copines à qui demander.

Ces situations peuvent sembler anodines vues de l’extérieur, mais elles ont un impact direct sur le quotidien. Elles influencent la manière dont les règles sont vécues, et parfois même la décision de rester ou non en classe.

Le rôle de l’éducation menstruelle à l’école

Puis vient s’ajouter, en plus des conditions matérielles et des douleurs physiques, le manque d’information sur les règles et le cycle menstruel. Il y a encore trop peu d’éducation sur le sujet à l’école.

Et attention scoop (non) : quand on ne comprend pas ce qui se passe dans son corps, il est plus difficile de gérer ce que l’on vit, ou de savoir ce qui est normal ou pas. Les premières règles arrivent souvent sans réelle préparation, avec leur lot de questions, d’inquiétudes et d’idées reçues.

Bref, il me semble que c’est très clair : le tabou autour des règles n’aide personne et devrait vraiment être brisé.

Une éducation menstruelle claire, accessible et anticipée peut vraiment faire la différence. Elle permettrait de comprendre les bases du cycle, de connaître les différentes protections, ou encore de savoir comment réagir face aux douleurs, par exemple.

Et surtout, elle ne devrait pas concerner uniquement les filles. Inclure les garçons dans ces discussions permet de réduire les moqueries, de normaliser le sujet et de créer un climat plus respectueux.

Les adultes ont donc un rôle clé à jouer dans ce cadre. Se former, savoir quoi dire, comment accompagner… Tout cela contribue à rendre l’école plus accueillante pour les élèves concernées.

Car derrière ces situations individuelles, il y a un enjeu plus large.

Les règles à l’école comme enjeu d’égalité

Quand les règles empêchent une élève de venir en cours, même ponctuellement, cela touche à son accès à l’éducation. Et à force de répétition, ces absences peuvent avoir des conséquences réelles sur son parcours scolaire.

Parler des règles à l’école comme d’un enjeu d’égalité, ce n’est pas exagéré. C’est reconnaître que le cycle menstruel a des effets concrets, et qu’ils méritent d’être pris en compte.

Cela implique de penser des solutions adaptées, mais aussi de faire évoluer les mentalités.

C’est justement l’objectif de certaines initiatives comme les ateliers proposés par les ambassadrices de Kiffe ton Cycle, qui interviennent partout en France pour ouvrir la parole, transmettre des repères et accompagner les jeunes dans la compréhension de leur cycle.

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