SOPK : symptômes, diagnostic et suivi médical

SOPK : symptômes, diagnostic et suivi médical

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Tu te demandes si tes règles irrégulières, ton acné persistante ou ta fatigue chronique pourraient avoir un lien ? Et si on parlait du SOPK ?

Le syndrome des ovaires polykystiques est l’un des troubles hormonaux les plus courants chez les personnes menstruées… mais aussi l’un des plus mal connus. Derrière ce nom un peu barbare se cachent en réalité des symptômes très variés, des parcours médicaux parfois chaotiques, et surtout, un grand besoin d’être mieux informée et mieux accompagnée.

Dans cet article, je t’explique clairement et sans tabou ce qu’est le SOPK, comment il est diagnostiqué, quels sont ses signes, et surtout comment vivre avec au quotidien.

C’est quoi exactement le SOPK ?

Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) est un trouble hormonal fréquent : il touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer. Pourtant, il reste mal connu, mal diagnostiqué, et souvent source de confusion.

➡️ Mais avant d’entrer dans les détails, un rappel très important : le SOPK porte très mal son nom.

Eh oui, en réalité il ne s’agit pas de kystes, mais bien de nombreux follicules en maturation (visibles à l’échographie). Rien à voir avec des kystes pathologiques donc !

Le SOPK est en fait un syndrome, c’est-à-dire un ensemble de symptômes qui varient selon les personnes. Certaines vivent très bien avec, d’autres rencontrent des difficultés plus marquées, notamment sur le plan hormonal, métabolique ou émotionnel. Dans tous les cas, derrière le SOPK, il y a toujours une hyperandrogénie ou des signes d’hyperandrogénie (j’y reviens juste après). Et c’est cet excès d’androgènes qui est responsable du blocage de la maturation des follicules – et donc des ovulations retardées ou absentes, entrainant des cycles irréguliers, des retards de règles, voire une aménorrhée (absence de règles).

Comment pose-t-on le diagnostic du SOPK ?

Le SOPK peut se manifester de plein de manières différentes selon les femmes. Il est donc important de ne pas s’auto-diagnostiquer et surtout d’écarter d’autres pathologies qui peuvent avoir certains symptômes similaires (comme l’hypothyroïdie par exemple).

👉 Le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques repose sur les critères de Rotterdam, en vigueur depuis 2003. Il faut en présenter au moins 2 sur les 3 (1)  :

  1. des troubles de l’ovulation (cycles irréguliers, longs ou absents notamment avec la présence de moins de 8 cycles par an)
  2. une hyperandrogénie, c’est-à-dire un excès d’hormones mâles (clinique : principalement hirsutisme quantifié par le score de Ferriman et Gallwey, acné, chute de cheveux / ou biologique : testostérone élevée visible via une prise de sang)
  3. des ovaires dits “polykystiques” visibles à l’échographie : le diagnostic repose sur la présence d’au moins 20 follicules de diamètre inférieur à 9mm et/ou présentant un volume ovarien important supérieur à 10ml, sans présence de kyste ni follicule dominant. Le dosage de l’AMH (Hormone Anti Müllerienne) peut être une alternative à l’échographie

👉 Depuis 2023, les recommandations ont évolué :

  • l’échographie pelvienne n’est plus systématique, surtout chez les adolescentes
  • le dosage de l’AMH (hormone anti-müllérienne) peut suffire pour poser le diagnostic
  • on insiste sur la nécessité d’écarter d’autres causes (comme le syndrome de Cushing, un adénome, ou des troubles thyroïdiens)

En bref, il ne suffit pas de voir des “kystes” à l’écho pour dire qu’il y a un SOPK. Le diagnostic repose sur un ensemble cohérent de signes cliniques et biologiques, évalué par un·e professionnel·le de santé (médecin, gynécologue ou endocrinologue).

Quels sont les symptômes du SOPK ?

Le SOPK étant un trouble hormonal, chaque personne concernée réagit différemment, comme pour le cycle menstruel ou le SPM par exemple. Il existe beaucoup de symptômes, et tu ne les auras pas tous (heureusement 😊).

Voici une liste (non exhaustive) des plus communs :

  • des règles irrégulières ou absentes
  • des difficultés à concevoir un bébé (souvent la première cause de consultation)
  • de l’hirsutisme (pilosité marquée sur le visage, le torse, le bas du ventre, les fesses, etc., les zones dites masculines)
  • de l’acné hormonale persistante
  • une perte de cheveux de type alopécie androgénétique
  • une prise de poids ou une difficulté à perdre du poids
  • une fatigue chronique, liée à des troubles métaboliques
  • de l’anxiété ou des troubles de l’humeur
  • etc.

Il se peut que tu vives beaucoup de ces symptômes, ou seulement un ou deux. Tu peux avoir le SOPK et être mince. Tu peux avoir le SOPK et des règles à peu près régulières (avec un cycle long de 45 jours par exemple). Etc. D’où l’importance d’une consultation médicale si tu as un doute.

Quelles sont les causes du SOPK ?

Si on ne connaît pas encore les causes exactes du syndrome des ovaires polykystiques aujourd’hui, on sait que plusieurs facteurs se combinent :

  • les perturbateurs endocriniens (qui ont un impact important sur cette maladie chronique)
  • une prédisposition génétique
  • un excès d’androgènes
  • une résistance à l’insuline (qui dérègle la production hormonale)
  • des facteurs environnementaux : alimentation, stress, sédentarité…

Des études récentes se penchent aussi sur un lien éventuel entre SOPK et trauma dans l’enfance.

Ce qui est certain en tout cas, c’est que le SOPK n’est pas de ta faute ❤️‍🩹. C’est un dérèglement complexe, pas une conséquence directe de ton hygiène de vie. Tu fais de ton mieux et continuer à prendre soin de ton équilibre hormonal peut grandement t’aider à mieux vivre avec.

Quels examens peuvent être proposés ?

Si tu décides de prendre rendez-vous, ton ou ta médecin pourra prescrire certains examens pour confirmer le diagnostic du SOPK et surveiller les risques associés.

Voici une idée des tests qui pourront t’être proposés, en fonction de ta situation et tes symptômes :

  • prise de sang pour les dosages hormonaux : FSH, LH, testostérone libre, DHT, SDHEA, AMH… il est important de voir avec ton médecin pour décider des examens les plus adaptés à ton cas
  • bilan complet thyroïde et cortisol : pareil, à voir avec ton médecin
  • échographie endovaginale (si besoin, mais pas systématique)
  • test HOMA : il repose sur le dosage de ta glycémie et de ton insulinémie à jeun. C’est un outil de détection précoce du diabète de type 2, même avant que la glycémie seule ne soit anormale
  • bilan lipidique (cholestérol et triglycérides)
  • prise de la tension artérielle
  • évaluation de l’anxiété ou des troubles dépressifs, qui sont souvent sous-diagnostiqués

Ces examens permettent de comprendre ton profil hormonal et métabolique, et d’adapter le suivi à tes besoins spécifiques.

Pourquoi est-ce important de diagnostiquer le SOPK ?

Loin de moi l’idée de générer de l’angoisse chez toi, on trouve déjà plein d’articles qui font peur sur Internet. Mais il est tout de même important de savoir qu’un syndrome des ovaires polykystiques non diagnostiqué, et donc, non pris en charge, peut évoluer.

Quand il n’est pas suivi, le SOPK peut augmenter le risque de (2) :

  • diabète de type 2
  • diabète gestationnel (pendant la grossesse)
  • hypertension artérielle
  • hypercholestérolémie
  • cardiopathie
  • troubles anxieux ou dépressifs
  • atteinte de l’image de soi notamment en cas d’hirsutisme ou acné

D’où l’importance d’un suivi régulier, même quand les symptômes paraissent minimes. Ce qui est recommandé :

  • un dépistage glycémique au diagnostic, puis tous les 1 à 3 ans en fonction des facteurs de risque
  • un bilan lipidique régulier, tous les 1 à 3 ans en fonction des facteurs de risque
  • une mesure annuelle de la tension
  • une évaluation des troubles du sommeil et de l’humeur

Je sais que ça peut paraître lourd ou beaucoup, accorde-toi le temps d’y aller à ton rythme et la douceur dont tu as besoin.

Que faire si je suis concernée par le SOPK ?

Maintenant, si tu es effectivement concernée, qu’est-ce que tu peux déjà faire ?

Car oui, le syndrome des ovaires polykystiques est une maladie chronique, mais les symptômes peuvent s’atténuer (voire disparaître pour certains) avec les bons changements. Ton mode de vie va avoir un impact fort sur ton SOPK et tes symptômes.

Les changement à mettre en place dépendront donc de tes priorités : fertilité, régularité des cycles, peau, poids, etc. Il n’y a pas une solution unique, mais plusieurs pistes :

  • adapter ton alimentation, notamment en faisant attention à limiter les pics de glycémie, mais sans tomber dans des régimes extrêmes, c’est très important pour ne pas t’ajouter du stress supplémentaire ou créer/aggraver des TCA (troubles du comportement alimentaire)
  • bouger régulièrement, même sans objectif de perte de poids, se mettre en mouvement et créer du muscle aide énormément à soutenir ton corps avec un SOPK (notamment pour la résistance à l’insuline ou la santé mentale)
  • apprendre à gérer le stress, l’anxiété et/ou la dépression, avec un suivi en naturopathie ou sophrologie par exemple, voire suivre une thérapie si tu en ressens le besoin
  • garder un suivi médical régulier, avec une vision globale, pas que gynéco (endocrinologue, psychologue, naturopathe, nutritionniste, etc.)
  • éviter les perturbateurs endocriniens autant que possible, tout au long de ta vie (plastique, parfums synthétiques, pesticides, les fameux PFAs, parabènes, phtalates, etc., etc., n’hésite pas à regarder sur Internet)

Et surtout : s’informer, se sentir entendue, et ne pas rester seule avec ses doutes. 💛N’hésite pas à te rapprocher d’un professionnel qui saura te guider dans la jungle des conseils !

Parfois, un traitement hormonal (comme la pilule contraceptive) peut être proposé. Garde juste en tête qu’il ne s’agit pas d’un traitement qui guérit le SOPK, cela va juste masquer les symptômes le temps de la prise, mais ça reviendra quand tu l’arrêteras si tu ne mets rien d’autre en place.

En résumé

Le SOPK est un trouble hormonal souvent mal compris. Mais grâce aux nouvelles recommandations, le diagnostic devient plus précis, plus doux, et mieux adapté à chaque situation.

N’aie pas peur de prendre le temps de trouver les bonnes personnes, bien formées, pour t’accompagner dans ton parcours de soin.

Tu as le droit de demander des explications, de refuser un examen si tu n’es pas à l’aise, ou de chercher un·e professionnel·le qui prend ton ressenti au sérieux. Parce que le premier pas vers le mieux-être, c’est de se sentir écoutée.

Prends soin de toi.

(1) : Article Syndrome des ovaires polykystiques : une prise en charge plus pragmatique. Le Quotidien du Médecin, janvier 2025

(2): Syndrome des Ovaires Polykystiques, OMS.

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