Tu en as marre de te sentir épuisée au travail certains jours du mois ? Tu culpabilises de ne pas être aussi performante en permanence ? Et si je te disais que ton cycle menstruel n’est pas un obstacle à ta vie professionnelle, mais plutôt une boussole qui peut t’aider à mieux gérer ton énergie ? Aujourd’hui, je te propose d’explorer et comprendre les fluctuations de ton cycle menstruel pour les mettre au service de ton travail, quelle que soit ta situation professionnelle.
Pourquoi le cycle menstruel impacte-t-il notre énergie au travail ?
Avant de pouvoir utiliser ton cycle comme un atout, il faut comprendre ce qu’il se passe dans ton corps. Ton cycle menstruel est guidé par des variations hormonales qui influencent directement ton niveau d’énergie, ta concentration, ton humeur et même ta façon de communiquer.
Les œstrogènes et la progestérone sont les deux actrices principales de ce ballet hormonal. Lorsque les œstrogènes montent (en phase folliculaire), tu te sens généralement plus dynamique et sociable. Quand la progestérone prend le relais (en phase lutéale), ton corps se prépare au repos et à la récupération. Ces fluctuations sont complètement normales et naturelles.
Le problème, c’est que notre monde du travail est encore largement conçu sur un modèle linéaire (très masculin), sans prise en compte de ces variations cycliques. On attend de nous la même énergie, la même disponibilité, la même productivité tous les jours du mois. Pas étonnant que tu te sentes parfois en décalage avec ces attentes.
Les 4 phases du cycle et leur impact sur ton travail
Ton cycle se divise en quatre phases distinctes, chacune avec ses propres ressources et ses défis. Apprendre à les reconnaître, c’est comme avoir un mode d’emploi de ton propre fonctionnement.
Pendant les règles : le temps du bilan
La phase des règles est un moment où ton corps et ton esprit ont naturellement besoin de ralentir. Les hormones sont au plus bas, ce qui peut entraîner de la fatigue et un besoin de retrait.
Les quatre mots-clés de cette phase :
- intuitive,
- réfléchie,
- intériorisée,
- solitaire.
C’est comme si tu prenais de la hauteur par rapport à ton travail. Tu vois plus clairement ce qui ne fonctionne pas, ce qui mérite d’être changé. Cette phase est idéale pour faire le point sur tes projets en cours, évaluer ce qui a bien fonctionné le mois dernier, et prendre des notes sur ce que tu aimerais améliorer.
Au travail, profites-en pour : faire un bilan de tes projets, réfléchir à tes priorités pour les semaines à venir, prendre du recul sur les situations complexes, et éviter si possible les tâches qui demandent beaucoup d’énergie sociale.
Pendant la phase pré-ovulatoire : passage à l’action
Après les règles, ton énergie remonte progressivement. C’est le moment où tu te sens capable d’affronter ta to-do list et de te lancer dans de nouveaux projets.
Les quatre mots-clés de cette phase :
- motivée,
- ambitieuse,
- déterminée,
- rapide.
Pendant cette période, tu es généralement capable de gérer de grandes quantités de travail. C’est le moment idéal pour t’attaquer aux tâches que tu repousses habituellement : l’administratif qui t’ennuie, les dossiers complexes qui demandent de la concentration, ou encore les projets que tu avais mis de côté.
Attention cependant au piège de cette phase : avec toute cette énergie qui remonte, tu peux avoir tendance à te disperser et à vouloir tout faire d’un coup. L’astuce, c’est de canaliser cette énergie vers les bonnes priorités.
Au travail, profites-en pour : finaliser les dossiers en retard, avancer sur les projets complexes, faire le ménage dans tes emails et ta to-do list, et prendre des initiatives que tu n’oserais pas prendre en temps normal.
Pendant l’ovulation : créer du lien
L’ovulation est une période où tu te sens naturellement plus communicante et connectée aux autres. C’est le moment de récolter les fruits des actions que tu as mises en place pendant la phase précédente.
Les quatre mots-clés de cette phase :
- communicante,
- sociable,
- tolérante,
- patiente.
Pendant l’ovulation, tu es dans ton élément pour tout ce qui touche aux relations humaines. Que tu sois salariée, freelance, ou dans toute autre configuration professionnelle, c’est le moment parfait pour les interactions qui comptent.
Au travail, profites-en pour : faire du réseautage, présenter tes projets ou tes idées, négocier (une augmentation, un nouveau contrat, de meilleures conditions), ou encore créer des partenariats ou des collaborations.
Pendant la phase prémenstruelle : affiner et créer
La fameuse phase prémenstruelle, souvent redoutée, a pourtant beaucoup à t’offrir si tu sais l’apprivoiser. Ton auditeur interne se met en marche et scanne tout ce qui ne va pas autour de toi.
Les quatre mots-clés de cette phase :
- sensible,
- créative,
- émotive,
- ambivalente.
Oui, tu peux te sentir plus irritable ou émotive. Mais c’est aussi pendant cette phase que ta créativité est exacerbée et que ta capacité de concentration est à son maximum. C’est le moment idéal pour tout ce qui demande de la précision, de l’attention aux détails, ou de l’imagination.
Au travail, profites-en pour : les tâches créatives (rédaction, design, brainstorming), peaufiner les détails de tes projets, identifier ce qui ne fonctionne pas dans tes processus de travail, et noter tout ce qui mériterait d’être amélioré (tu y reviendras pendant tes règles).
De la théorie à la pratique : observer ton propre cycle
Ce que je viens de te partager, c’est un cadre théorique pour t’aider à démarrer. Mais chaque femme est différente, et toi seule peux vraiment connaître ton fonctionnement.
Voici ce que je te conseille donc.
1. Suis ton cycle : note chaque jour dans quelle phase tu te trouves. Tu peux utiliser une application comme Clue, Flo, ou simplement un carnet.
2. Observe ton énergie : chaque jour, note rapidement ton niveau d’énergie général et ton humeur.
3. Identifie tes ressources : après 2 ou 3 cycles d’observation, tu vas commencer à voir des schémas. Peut-être que contrairement à ce que j’ai décrit, TOI tu te sens plus communicante en phase pré-ovulatoire. Ou peut-être que tes règles te donnent un regain d’énergie créative. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre son cycle.
4. Adapte ton planning : une fois que tu connais mieux ton rythme, essaye d’organiser ton travail en conséquence autant que possible. Je sais que ce n’est pas toujours facile selon ton poste, mais même de petits ajustements peuvent faire une grande différence (j’y reviens après).
Gérer la fatigue au travail selon les phases
J’aimerais faire ici un petit focus sur la fatigue. Parce qu’en effet, la fatigue liée au cycle menstruel est une réalité pour beaucoup d’entre nous au travail. Voici quelques stratégies concrètes pour mieux la gérer.
Pendant les règles
Si tu ressens de la fatigue pendant tes règles, c’est vraiment normal. Libère un maximum d’énergie pour les engagement incontournables et tente de reporter ce qui peut l’être. Voici ce que tu peux faire :
- aménage tes horaires si c’est possible : commence plus tard ou finis plus tôt, demande à faire du télétravail si c’est une option, etc.
- privilégie les tâches moins exigeantes dans ton domaine
- prévois des pauses : ton corps a besoin de plus de repos, alors accorde-toi des moments de récupération
- communique si nécessaire (et si tu en as la possibilité) : si tu travailles en équipe, tu peux simplement dire que tu as besoin d’une journée plus calme, sans forcément entrer dans les détails
En phase pré-ovulatoire
C’est souvent la phase où tu as le plus d’énergie, mais attention à ne pas t’épuiser.
- Profite de ton élan : c’est le moment de faire avancer les gros dossiers ou ce que tu as reporté dans la phase précédente.
À l’ovulation
Tu es au top de ta forme sociale, mais cette phase peut aussi être énergivore.
- Dose tes interactions : oui, c’est le bon moment pour les échanges et les déj’, mais pas besoin de toutes les concentrer sur 2 jours
En phase prémenstruelle
C’est souvent là que la fatigue revient, accompagnée parfois d’irritabilité ou de sensibilité accrue.
- Sois bienveillante avec toi-même : si tu es plus sensible, c’est normal, pas une faiblesse
- Privilégie le travail en solo, si c’est possible et si le contact avec les autres te demande trop d’énergie
- Note tout ce qui t’agace : c’est souvent révélateur de vraies problématiques à adresser plus tard
Et si je travaille dans un environnement peu flexible ?
À ce stade, tu te dis peut-être : « C’est bien beau tout ça, mais mon patron ne va jamais me laisser adapter mon planning à mon cycle ! »
Effectivement, à moins de travailler à ton compte, certains environnements de travail ou certains domaines sont plus rigides que d’autres. Mais même dans ces contextes, il y a des petites choses que tu peux faire.
→ Ajuste ton niveau d’exigence. Pendant les phases de fatigue, va à l’essentiel. Ne cherche pas la perfection partout, vise l’efficacité.
→ Gère ton emploi du temps personnel. Si tu ne peux pas adapter ton travail, adapte au moins ce que tu fais en dehors. Pendant tes règles par exemple, tu peux décider de ne pas programmer des activités trop énergivores le soir ou le week-end.
→ Communique de façon stratégique. Tu n’es pas obligée de parler de ton cycle, mais tu peux dire « J’ai besoin de travailler au calme aujourd’hui » ou « Je préférerais reporter cette réunion à la semaine prochaine si c’est possible ».
→ Fais ce que tu peux avec ce que tu as. Même si tu ne peux adapter que 20% de ton organisation, c’est déjà ça. Ne culpabilise pas de ne pas pouvoir tout contrôler. Rien que de savoir et comprendre ce qui se passe dans ton corps peut vraiment améliorer ta façon de vivre ton cycle au travail.
Cycle menstruel et travail : sortir de la culpabilité
Pour finir, je voulais aussi aborder un dernier point essentiel : la culpabilité. On est toutes pareilles. Combien de fois on s’est senties coupables de ne pas être « à 100% » au travail certains jours du mois ?
Il est temps d’éviter de culpabiliser. Ton cycle menstruel n’est pas une faiblesse, c’est une réalité physiologique qui fait partie de toi. Point. Et cette variation d’énergie n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité.
Pense à la nature : elle fonctionne par cycles et par saisons. Les arbres ne produisent pas de fruits toute l’année. Les animaux hibernent. La terre elle-même a besoin de jachère pour être fertile.
Pourquoi devrions-nous, êtres humains, être capables de performer au même niveau 365 jours par année ?
En comprenant ton cycle et en l’acceptant, tu ne deviens pas moins professionnelle ou moins compétente. Au contraire, tu deviens plus efficace parce que tu travailles AVEC ton corps plutôt que CONTRE lui.
En bref
Ton cycle menstruel n’est pas un obstacle à ta réussite professionnelle, c’est une boussole qui peut t’aider à mieux naviguer dans ton quotidien de travail.
En observant tes phases, en identifiant tes ressources à chaque moment du mois, et en adaptant ton organisation autant que possible, tu peux transformer ce qui te semblait être une contrainte en véritable atout.
Rappelle-toi :
- chaque phase a ses forces et ses défis
- ton cycle est unique, prends le temps de l’observer
- tu n’as pas besoin d’être parfaite à 100% tous les jours
- même de petits ajustements peuvent faire une grande différence
- sortir de la culpabilité est la première étape vers un meilleur équilibre
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